Thèse de doctorat

La paramétrisation du geste dans les formes musicales scéniques. L’exemple du théâtre musical contemporain : état de l’art, historiographie, analyse

Cette thèse (disponible ici) a été dirigée par Jean-François Trubert (Nice, Université Côte d’Azur) et soutenue le 11 juillet 2019 devant le jury composé de :

  • Muriel Plana : Professeure en études théâtrales, Université de Toulouse (examinatrice) ;
  • Enrico Pitozzi : Chercheur en arts de la scène, Université de Bologne (rapporteur) ;
  • Pierre Michel : Professeur en musicologie, Université de Strasbourg (rapporteur) ;
  • Pascal Decroupet : Professeur en musicologie, Université Côte d’Azur (président du jury).

Résumé

Au cours du XXe siècle, le geste est progressivement devenu un paramètre de composition musicale dans les répertoires de tradition savante occidentale. Les avant-gardes (Dada, futurisme, Bauhaus, expressionnisme, etc.) sont à l’origine du concept de performance tandis que le bruitisme élargit le domaine des sons esthétiquement audibles. Rejetant le grand opéra romantique et tous ses attributs (technique de chant lyrique, suprématie du texte dramatique sur la musique, fosse d’orchestre, illusion de la réalité, opulence orchestrale, entractes, etc.), les compositeurs ressentent le besoin de s’exprimer autrement tandis que la capacité de renouvellement du système tonal s’étiole. De nouvelles formes musicales scéniques sont définies dans un cadre dicté par la performance et selon une nouvelle conscience de l’écoute issue de nombreuses expérimentations réalisées en studio. C’est au lendemain de la seconde guerre, c’est-à-dire lors de l’avènement de la musique concrète, que la voix s’impose non plus seulement comme le vecteur de la parole mais également comme un générateur de sons, que l’espace scénique se vide de l’interprète et que, en retour, certains compositeurs (Mauricio Kagel, Dieter Schnebel, Luciano Berio, John Cage, pour ne citer qu’eux) proposent des pièces hybrides où la musique côtoie la diction d’un récitant, la pantomime ou l’action théâtrale sans que l’une des composantes prenne constamment le dessus sur les autres. Selon une approche empirique du corps médiatisé par le truchement de la captation vidéo (sur un corpus s’étalant de 1960 à 2016), il est possible de mettre en lumière des contrepoints d’informations provenant de plusieurs éléments des performances enregistrées (musique, gestes, déplacements, lumière, etc.) qui construisent en fin de compte une réalité signifiante pour l’auditeur-spectateur. En analysant directement les œuvres performées, il apparait en effet que le geste est un élément structurel de caractère spectaculaire qui participe à la création de formes discursives, ce qui en fait un élément indispensable de la réception. En se focalisant sur la paramétrisation du geste, le présent travail apporte un premier élément de réponse à la question suivante : comment la performance musicale dans son aspect vivant intègre le geste et comment celui-ci influence-t-il la forme ? Il espère ainsi ouvrir la voie à une musicologie du théâtre musical contemporain.

Mots-clefs

Musicologie empirique, contemporain, théâtre musical, théâtre instrumental, geste musical, geste instrumental, spectaculaire, forme musicale, analyse, méthodologie, historiographie, psychologie de la forme, cognition musicale incarnée, paramétrisation.